Rudyard Kipling
19 Janvier 2024

Tout ce que vous voulez savoir sur la franc-maçonnerie, sans jamais avoir osé le demander

Il y a quelques années déjà, un frère de la loge s'était adonné à un exercice un peu particulier qui fut celui de répondre à un certain nombre de questions sur ce thème particulier.

C'est le frère Jacques C. qui exceptionellement s'était vu remettre le maillet du Vénérable Maitre, pourtant Maitre Installé, il n'avait jamais dirigé la loge, notre loge, qui était devenu aussi sa loge, et nous voulions lui faire ce cadeau. Il ouvra et ferma aux 3 grades ce soir là.

Il y a eu plus d’une cinquantaine des questions reçues par le biais de nos visiteurs fréquents, celui de nos réseaux sociaux, notre twitter ou encore reçues par mail, ce qui est beaucoup. Certaines questions sont assez techniques, d’autres historiques, parfois loufoques et assez drôles, mais souvent très sérieuses, pointues, très précises et quelquefois fondamentales. D’autres sont plus larges et tellement importantes, mais nous ne pourrons répondre à toutes ces questions mais je ferais mon possible pour répondre au plus de question sans que cela ne dépasse un temps raisonnable.

La première question nous vient du Grand Orient de France, du frère Laurent MLG : « La franc-maçonnerie, origine écossaise, anglaise ou française ? » 

Et bien les 3 mon capitaine ! à laquelle on peut aussi ajouter les Irlandais.

Effectivement, tout dépend de ce que nous allons chercher dans les origines, et à quel point et à quel moment dans le temps on souhaite revenir.

S'il s'agit de savoir qui a instruit l'art de bâtir aux anglo-saxons sur, ce sont les Français et les Flamands. Nous étions encore ce weekend en Angleterre, à Londres, et donc Londres c'est bâti avec quoi ? C'est bâti avec de la brique. Les Anglais, eux, ils ne savent pas ce que c'est que de la pierre. La cathédrale Saint Paul, pour sa construction, les pierres de Saint Paul sont quasiment toutes importées de Normandie. C'est de la pierre de Rouen ou de Caen. La pierre, ce n’est pas anglais. Donc voilà qui a appris aux Anglais à bâtir, et donc ce sont ce sont les Français et ce sont les Flamands aussi. 

Maintenant, si on veut essayer de savoir qui a créé le système de maçonnerie dans lequel nous nous sommes, c’est-à-dire le système original, c'est à dire la franc maçonnerie elle-même, la maçonnerie et son organisation elle-même, là ce sont les Écossais. Et pour l’expliquer, on a encore à nouveau un torrent d'éléments qui nous le montre. Les Écossais, mais aussi avec les Irlandais, ils n’ont pas été cités, donc je les cite maintenant.

Maintenant, on veut savoir qui a codifié tout ça ? et bien là, ce sont les anglais 

Ils ont fait la même chose avec le football, avec le rugby, et à peu près tous les sports. Et pas seulement les sports, mais à peu près tout. Les anglais, c'est un peuple qui a toujours tout récupéré et codifié, puis ils s'en sont totalement accaparés et ils ont su en faire quelque chose. Parce qu’il faut aussi le reconnaître, et c’est une vérité, ils ont su faire en faire quelque chose [la franc-maçonnerie], et en faire quelque chose qui perdure encore aujourd’hui. Sans. Les Anglais, il y a de grandes chances pour que la maçonnerie d'aujourd'hui n'ait pas eu lieu.

Mais donc effectivement, il faut redonner à chacun l'ensemble de ses gènes respectifs et comprendre que les gènes que porte la maçonnerie d’aujourd'hui sont des gènes multiples qui viennent de plusieurs éléments, mais il faut dire que la maçonnerie est d'essence britannique, c'est la première chose qu'il faut dire, la maçonnerie c’est britannique, c'est certain.

Ensuite de ça, forcément, quand la maçonnerie est arrivée en France. Et bien sont venus se rajouter à elle d’autres éléments. Les Français ont su développer un certain nombre de choses comme ont su le faire aussi les Allemands, les Néerlandais, les Suédois et cetera, et cetera.

Les continentaux ont rajouté un certain nombre de choses et un certain nombre de de traditions qui préexistaient sont venues se coller dessus et modifier le rite par lui-même.

C'est une des raisons pour laquelle nous avons autant de rites et de rituels. 

J'ai vu qu'il y une question justement là-dessus, « pourquoi est-ce qu'il y a autant de rites en maçonnerie ? »

Et bien pour ça !

Parce que justement sur 3 siècles de maçonnerie dites moderne, du moins dans tous les cas spéculative, et bien, la maçonnerie a touché plusieurs pays, plusieurs continents, plusieurs esprits, plusieurs modes de vie, plusieurs manières de faire. Quand on voit uniquement le rite anglais, on le confronte toujours avec Emulation, alors que non ! Il y a un rite anglais et puis dans ce rite anglais, il y a de multiples workings, c'est à dire des façons de travailler différentes. Pas totalement différentes, cela se joue sur des détails. Cela signifie que même en Angleterre où tout ça est totalement normés, th bien, il y a des usages qui peuvent être différents.

Pourquoi ?

Simplement parce que le rituel ne donne pas tout.

Il y a des éléments qui ne sont pas donnés. Donc qui nous laissent le choix entre le fait de faire comme ça ou de faire autrement comme ça.

Je regardais tout à l'heure notre frère maître des cérémonies, expérimenté s'il en est, qui disait aux frères compagnon, et aux apprentis, de partir du pied gauche. C'est très intéressant à voir, voilà comment se met en place un working.

Ce n’est pas dit dans le rituel, c’est un détail qui n’est pas précisé.

Il est dit simplement que le maitre des cérémonies les amène au point de point de salut.

Mais effectivement, dans l'ensemble des textes, dès lors qu’il y a une cérémonie, une initiation, un passage ou une élévation, on demande au candidat de partir du pied gauche. A chaque fois c’est comme ça, et donc effectivement ce qu’il fait dans l'esprit. 

C'est tout à fait dans l'esprit mais c'est indiqué nulle part qu’il faut faire ça comme ça.

Voilà comment on peut, à un moment donné, sans le vouloir, se créer un working.

C'est à dire que ça, et comme c’est dans l’esprit, et que c'est précisé nulle part, alors peut être que la loge va l'adopter et puis peut être que plusieurs loges vont finir par l'adopter, et cetera, et on va finir par en faire un usage, un working.

Et là, l'important, pour nous tous, c'est de bien savoir quelle est cette différence entre le rituel et les usages.

Je vois souvent des frères avoir des discussions parfois houleuses sur des détails, qui concernent des détails qui ne sont pas de l'ordre du rituel, qui sont des détails de l'ordre de l'usage et sur lesquels effectivement la loge peut avoir le choix.

Et pour connaître bien les Anglais, et justement plus on s'intéresse à cette culture anglo-saxonne et à cette culture maçonnique anglo-saxonne, plus on voit que leur plaisir, c'est d'arriver justement à ce que dans un une mise en place très normée, une mise en place que tout le monde va faire de la même manière, et bien, que chacun puisse avoir sa petite différence. Un petit élément de rien, mais qui va faire toute la différence.

Alors forcément, quand tout ça est arrivé en France, confronté à l'esprit français, on a cherché encore plus de différences.

Et là, effectivement, les rites sont allés dans tous les sens et on pensait à fructifier et à devenir de plus important et meilleur que l’autre.

C’est aussi ce qui donne beaucoup d'intérêt à tout cela.

Je m'amuse souvent de voir comment, quand je parle avec un frère, où qu'il soit n'importe où dans le monde, il est toujours persuadé que la manière qu'il a de procéder, qui est celle de sa loge est forcément la meilleure, et que tout le monde fait comme ça.

Et bien non ! Il existe une foison de manière de faire, et ça c'est quand même intéressant.

Alors on va essayer d'aller chercher une autre question, même si on en a abordé un certain nombre en même temps.

Je la choisis parce que c'est notre frère Eric VLD., qui sait à quel point je lui suis attaché, donc je vais lui répondre, mais je vais toujours répondre de la même manière à cette question-là. : « quid des loges Jacobites dans la fondation des premières loges françaises ante et post 1717 ? »

Alors ça, c'est une question qui me court après depuis 25 ans.

Je pense qu'on me pose cette question de plus, au moins 25 ans, quand je m'occupais beaucoup de la loge d’étude et de recherche William Preston. C'était une question qui me revenait vraiment très souvent.

On va être obligé de toute façon d'aller vite sur tous ces sujets-là, on ne peut pas rentrer dans le détail, on va donc essayer de traiter avec le maximum d'éléments, mais en gros : 

Premier élément : Jacques II [Stuart], quand il est destitué de son trône en Angleterre en 1688, il est catholique et dans son exil il débarque en France. Il est en France et Louis XIV à ce moment-là lui donne des appartements à Saint Germain en Laye (78) et donc se créer là une cour autour de lui, avec une activité, avec des régiments militaires, et cetera, et cetera, et une véritable cour avec des Écossais, mais pas seulement des Écossais, des Irlandais aussi.

Voilà, ça, on sait ça.

Deuxième élément :  un siècle plus tard, enfin presque d'un siècle plus tard, ce doit être de tête 1778, 2 loges, une première loge qui s'appelle La Parfaite Egalité revendique auprès du Grand Orient de France le fait d'avoir été créé en 1786, et le Grand Orient de rance lui ouvre droit à cette priorité.

On lui dit en gros « oui, on le reconnait » 

Et puis une 2e loge à Saint Germain en Laye, La Bonne foy demande exactement la même chose et se voit aussi ouvrir le même le même droit.

Voilà, ce sont les éléments que l'on que l'on possède.

Mais malheureusement aujourd'hui, force est de constater que nous n'avons aucun document probant, aucun document écrit, et ça, c'est tout le problème 

Tout ça est très beau de se dire que qu’effectivement, il a peut-être existé des loges ante 1717 en France. Peut-être …

Alors ça fait ça fait plaisir tout le monde de l'entendre n’est-ce pas ?

Cela, pas seulement aux Français, mais ça fait plaisir aussi aux écossais, ça fait plaisir aussi aux Irlandais, ça me plaisait aussi, ça fait plaisir à tout le monde.

Mais force est de constater que nous n'avons pas d'éléments probant là-dessus et c’est un problème.

C'était un sujet dont j'ai parlé assez longuement avec Michel Duchein, c'est le spécialiste de l'histoire de l’Ecosse qui écrit d'ailleurs le livre de référence sur L'histoire d'Écosse en en français. Il est venu plusieurs fois à William Preston et nous nous sommes plusieurs fois entretenu du sujet. J'en ai parlé aussi avec Louis Trébuchet qui est un chercheur maçonnique qui connaît bien ce sujet en question, et donc pour résumer, en gros, il faut dire qu’il y a plein d'éléments qui amènent à croire que cela puisse être possible, mais on a aucun élément concret pour le démontrer.

Tout ça est de l’interprétation de fait mais l’historien a besoin de plus de concret.

Espérons qu'un de ces jours, un thésard se rapproche de ce sujet-là parce qu’il faut maintenant sortir de ça et ne plus être que dans l'interprétation. Il faut aller chercher des éléments concrets.

Alors si cela intéresse quelqu’un qui veulent passer 25 ans à revoir tous les papiers qui existait avoir à l'époque pour essayer de trouver des éléments qui puissent permettre de démontrer tout cela. En attendant, on n’a pas autre chose, mais c'est un bout. Alors je je ne dirais pas qu'il s'agit d’un mythe, et je ne dirais pas non plus qu'il s'agit d'une certitude, je dirais « p't'être bien qu'oui, p't'être bien qu'non »

On n’a pas d’'éléments probants pour pouvoir en parler, ou du moins affirmer ça avec certitude solide.

Une autre question.

Il y a Édouard de Kent, c'est pas mal, qui nous nous demande : « Ma maçonnerie anglaise est-elle vraiment sur le déclin alors que la maçonnerie française prétend se développer ? Je m'inquiète un peu ...»

Il n'a pas tord, parce qu'il est vrai que la maçonnerie anglaise a connu une période difficile. Une période difficile pendant laquelle elle a eu beaucoup d'attaques.

Il faut voir que la maçonnerie en Angleterre, c'était vraiment un des 3 piliers de la société anglaise, avec la royauté et l'Église anglicane et justement personne n'y touchait d'ailleurs, puisque la maçonnerie a collaboré au fait que l'Angleterre eu au si grand rayonnement dans le monde.

Et effectivement, il y a eu, à partir des années 80, un moment où il a commencé à y avoir des attaques. La première attaque majeure est liée à la parution d’un livre de Stephen Knight : « The Brotherhood », qui a qui a eu un fort retentissement et qui a attaquée frontalement la maçonnerie anglaise pour la première fois dans les années 80. Un livre qui a été réédité en 2007, comme quoi ce n’est pas terminé.

Et ensuite de ça il y a eu beaucoup d'attaques de l’aile gauche de la politique anglaise contre la maçonnerie qui ont qui ont vu beaucoup de gens de cette tendance politique ont vu la possibilité, en attaquant la maçonnerie, de déstabiliser un certain nombre de personnes, des adversaires politique de droite, qui étaient membres de la maçonnerie ont demandé d'abord des explications concernant les châtiments. Et en disant à qui voulait l’entendre qu’il existe une société dans lesquelles on promet aux frères que s’ils parlent de ce qui s’y passe, on va leur ouvrir la gorge, leur faire des trucs pas possibles, et cetera, et cetera. Est-ce que c'est possible qu'aujourd'hui une telle société puisse exister ?

Cela à crée un trouble énorme au sein de la maçonnerie anglaise. Surtout au sein du de la Grande Loge Unie d'Angleterre parce que c'était la première fois qu'elle était attaquée de manière frontale, comme ça aussi directement.

Jusqu'à présent, personne n'avait jamais osé ça, et ils n’ont vraiment pas su comment y répondre.

J'ai vécu ces moments puisque j’étais déjà maçon quand tout cela s'est passé. j'ai vu et vécu ces moments et aussi vécu la manière qu'ils ont eu d'y répondre. Ils y ont répondu assez bêtement. Parce que, en fait, ils ont cédé pour la première fois.

Jusqu'à présent la maçonnerie anglaise ne s'était jamais mêlée, et ils n'avaient jamais répondu aux attaques de la société. Et là, pour la première fois, ils se sont sentis obligés de faire quelque chose et ils ont modifié les rituels. C'est à dire qu'ils ont pris les pénalités, les châtiments, et ils les ont mis à la fin de la cérémonie en disant que comme dans l'usage ancien, cela se passait de cette manière-là. Et aujourd'hui, c'est toujours de la même chose, mes pénalités sont à la fin.

Nous, nous avons conservé les rituels d'origine, c'est à dire que nous n'avons pas mis les châtiments à la fin du rituel. Eux, ils l’ont fait et en faisant ça, en ouvrant cette possibilité-là, comme toujours, on ouvre une petite brèche et ça s'écarte, ça s'écarte et tout le monde sest engouffré dedans. La maçonnerie anglaise a été de plus atteinte

De plus, ils ont oublié qu’une société qui était composé que de que de vieux nantis n'avait que peu d'avenir. Et donc petit à petit on a oublié la jeunesse là-dedans avec l’effet direct que l'âge moyen augmentait de de de de plus.

Alors il est vrai que les effectifs de la Grande Loge Unie d’Angleterre n'ont cessé de baisser à partir de là.

Mais il y a eu depuis un certain une petite dizaine d'années, une vraie prise de conscience de tout cela avec une énorme un énorme travail sur les jeunes. Énorme travail et quand je dis énorme, c'est énorme notamment dans les universités qui fait que la maçonnerie retrouve un regain d’intérêt et a arrêté un peu son hémorragie. Toutefois, quand on parle d’hémorragie, c'est toujours aujourd’hui au moins 300 à 350000 membres. Certes ils étaient 500000 il y a quelques temps encore, ils en en ont pas mal perdu effectivement.

En France, effectivement, il y a eu une progression. Il y a eu progression, mais qui est due aussi à l'afflux de femmes, c’est un fait important.

Quand on compte parmi les maçons aussi les femmes, c'est un effectif important qui pèse dans le calcul.

Alors est ce qu'on peut affirmer que l'une est en progression et que l'autre en en chute ? 

Je ne sais pas, en tous les cas. j'étais, enfin nous étions plusieurs de la loge ce vendredi dernier à Freemason Hall, à Great Queen Street, et nous avons pu faire une visite et il y avait pas mal de monde. Nous étions, je ne sais pas précisément, j'ai déjà vu compter 35 personnes ou 40 personnes environ. C'est une dimension qui intéresse, qui intéresse qui. Intéresse toujours. 

Alors on a rapidement évoqué les femmes et là nous avons une question d’une soeur justement, Christelle BLN qui pose la question suivante : « Quelle influence de la franc maçonnerie française ? La franc maçonnerie française a-t-elle sur les décisions politiques sur la société ? »

C'est une question typiquement française.

Question typiquement française et je suis étonné, souvent même, moi qui suis d'une culture maçonnique de type Anglaise, je suis étonné quand je vois quand je vais dans certaines loges et que on vous dit de manière claire que le propos de la maçonnerie, son but, c'est la transformation de l'homme et de l'humanité.

Déjà, transformations de l'homme, c'est un sacré truc. Ce n’est pas rien ! Il va falloir le faire…

À la limite, on peut se dire pourquoi pas, parce qu'on est, on est là ensemble, on peut essayer chacun de se changer. On peut essayer.

Mais la transformation de l'humanité ?

Alors là … il faut le dire, là, c’est totalement faux !

C'est faux, il faut le dire et c'est quelque chose de typiquement français.

Le propos de la maçonnerie anglaise, et d’ailleurs pas seulement anglaise, mais la maçonnerie que l'on trouve sur 90% de la surface du globe, ce n'est pas la transformation de l'humanité. 

C’est donc faux parce que c’est un objet qui est bien trop haut, et que celui-ci est simplement d’essayer d'avoir une fraternité, d’essayer d'avoir une transformation personnelle. Voilà, c’est juste ça.

Dans tous les cas, la société n'est pas un objectif, dans la maçonnerie anglaise, j'allais dire même plus, dans la maçonnerie mondiale.

Il faut vraiment être en France pour que on ait comme objectif de transformer la société.

C'est la question qui était posée.

Par ailleurs, je retrouverai peut-être le frère qui a posé cette question complémentaire concernant toujours « l'aspect politique de la maçonnerie ». Là aussi on est totalement dans quelque chose de français.

C’est totalement français et la question est aussi de savoir comment est-ce que c'est arrivé, que la maçonnerie puisse devenir politique ?

La maçonnerie, forcément, a toujours été quelque part politique dans le fait qu'elle a toujours baigné dans des sphères de pouvoir, qu'elle le veuille ou non, que ce soit directement ou par protection. Dès le départ, en tous les cas de la maçonnerie, et pas seulement celle de 1717, on va tout de suite chercher des seigneurs, des nobles, qui permettent de pouvoir la maintenir. Mais dans la maçonnerie écossaise, on va tout de suite chercher des gens pour la protéger. C'est assez normal car la maçonnerie a toujours eu une relation avec le pouvoir. Mais il y a une différence entre avoir une relation avec le pouvoir et faire, comme type de travaux des travaux, des travaux qui n'ont rien à voir avec le pouvoir, qui n'ont rien à voir avec la politique et à ce que la politique entre dans la loge et devienne un propos de la loge. Ça, c'est quelque chose de typiquement français.

Alors comment et pourquoi ?

Sans doute pour un type de tempérament, mais pas seulement. Il y a des éléments historiques qui qui sont aussi très important et qui explique cela.

Napoléon noyaute la maçonnerie. Il la noyaute totalement. La maçonnerie devient un instrument de son pouvoir. Mais dans cette maçonnerie sous Napoleon, on ne va pas directement évoquer d'éléments de type politique.

Il faudra qu'on attende encore un peu, cela vient juste après. Et là, ce sont les forces de gauche de l’époque qui vont qui vont s'emparer de cette fois-ci de la maçonnerie au 19e siècle et en faire un instrument de pouvoir.

C’est à partir de là qu’ils vont faire rentrer effectivement le propos politique au sein de de la maçonnerie, et ça ne va arrêter jusqu'à aujourd'hui. Mais c'est vraiment quelque chose de tout à fait particulier et qui qui correspond uniquement, en gros, au Grand Orient de France, mais pas au-delà.

Si on regarde d’autres maçonneries très politisées, comme les maçonneries africaines, par exemple, en Afrique, je ne citerai pas de pays, mais le président de la République est le grand maître, et puis tous les ministres sont chacun le grand maître provincial, et cetera, et cetera. C'est à peu près fait comme ça. Et puis pour rentrer dans ce cénacle, il faut savoir que l’on flirte avec le pouvoir à longueur de temps.

Cela existe, mais on ne parle pas de politique, c'est justement la première chose que que l'on refuse de faire

On ne veut pas parler de de politique dans la loge et alors, si on sort à nouveau des frontières, on ne parle surtout pas de politique en loge dans la plupart des structures de la maçonnerie à travers le monde. Que ce soit aux États-Unis, en Australie, ou ailleurs…

Alors effectivement, nous avons toujours, et ça c’est un fait mais c'est comme ça, la France a exporté son type de maçonnerie un peu partout dans le monde, un petit peu en Afrique, un petit peu en Amérique du Sud. Et donc quelques loges sud-américaines ou quelques loges africaines, moins africaines mais plus américaines du Sud, ont aussi des discussions de ce type, ou autour de la vision politiques du sujet, mais là encore, on est dans des épiphénomènes.

La maçonnerie, si on la regarde avec un œil un peu plus extérieur que simplement celui du français, qui regarde la maçonnerie française selon lui-même, si on regarde la maçonnerie d'un point de vue plus global, plus général et mondial, on comprend que la maçonnerie n'a rien à voir avec la politique.

Même si elle est toujours protégée par les pouvoirs en place, mais son propos n'est justement pas en général sociétal. Son but n'est pas de transformer la société.

Dans les faits, elle est d’aider la société à travers la charité.

Oui, alors ça effectivement oui absolument ! 

On s’en rend compte en voyant les Américains, en regardant ce que peuvent donner les Scottish Rite et les Shriners aux États-Unis, on est dans quelque chose d’extraordinaire.

Les Shriners, ils ont une dizaine d'hôpitaux pour enfants à travers le pays, ce sont eux qui ont inventé les nez rouges. Vous savez les clowns et les magiciens qui vont faire rire les enfants qui ont des vrais problèmes, des maladies graves dans les hôpitaux. C'est eux qui ont inventé tout ça.

Alors effectivement les schriners, qui sont une face un peu extérieure d'une certaine maçonnerie américaine, ils sont dans la société effectivement, mais ils font quoi quand ils sont dans la société ?

Ils prennent des petites voitures pour enfants, comme ça ils se mettent dedans et ils font des parades et des courses. Et ils distribuent des millions de dollars pour les enfants et pour les gens nécessiteux, voilà, c'est ça leur politique du monde. Mais ils ne vont pas s'occuper de savoir s'il faut voter Républicain ou Démocrate ? Ce n’est pas leur mise en place.

Il n'y a qu'en France qu'effectivement que ces aspects-là peuvent intervenir et même venir phagocyter le côté maçonnique à certains moments. Il m'est arrivé d'assister à des tenues où on se demande où est la maçonnerie dans la tenue à laquelle on vient de prendre place.

Il y a une forme maçonnique, effectivement, qui permet d'ailleurs à ce que le dialogue soit possible, pour que l’on puisse se parler, mais il n'y a plus vraiment de contenu maçonnique, ou dans tous les cas, le contenu maçonnique a bien disparu sur bien des choses, pour n’être plus qu’un prétexte, au mieux une méthodologie.

Alors Christian RVL de la Grande Loge de France, nous demande : « quand finira cette différence vexante et inutile entre les réguliers et ceux qui ne le sont pas, entre les vrais frères et les autres ? »

Alors d'abord, distinguons 2 concepts qui sont tout à fait différents, souvent confondus, mais qui pourtant n'ont rien à voir, et qui sont la régularité et la reconnaissance.

Par exemple, la Grande Loge Nationale Française …

Alors soyons bien clair sur ce point, je n’ai rien contre personne, il faut bien que j’explique et que je démontre ce que j’avance, je ne veux pas être partial sur quoi que ce soit. Je donne des éléments qui permettent de pouvoir de pouvoir réfléchir et comprendre. Mais ce sont des éléments qui sont prouvés, qui sont factuels.

Et donc par exemple, la Grande Loge Nationale Française est reconnue par la Grande Loge Unie Angleterre. C’est sur son site internet, elle est bien une Grande Loge reconnue, on ne le conteste pas.

En revanche, elle est irrégulière.

Elle est irrégulière simplement parce qu’elle a été créée le 5 octobre 1913 par une seule loge, le Centre des Amis fondée au Grand Orient de France en 1911 - sans rapport avec celle fondée en 1793 par Roettiers de Montaleau -. Elle est rejointe 30 jours plus tard par l’Anglaise 204, mais c’est déjà plus tard car ce n’est que le lendemain de la déclaration de reconnaissance anglaise du 3 décembre 1913, comme une conséquence de cette déclaration.

C'est une reconnaissance " par correspondance". Ils ne sont pas venu voir si c'était bien ou conforme ou pas ...

Enfin, une loge n°3 ne sera consacrée que le 20 juin 1914, Saint Georges.

Comme pour enfin créer une Grande Loge, il faut soit avoir une régularité d'origine, c'est à dire avoir été constitué par une autre Grande Loge reconnue, soit par au moins 3 loges elles meme régulières, et ce dès le départ, et donc elle est irrégulière car elle ne répond pas aux critères.

Alors, précisons ceci : "régulier" de "regular" en anglais, c'est à dire normale, qui fait de la maçonnerie comme eux.

Mais cei, c’est ce que disent les Basics Principles telles qu’exposées en 1929 : 

« Regularity of origin; i.e.each Grand Lodge shall have been established lawfully by a duly recognised Grand Lodge or by three or more regularly constituted Lodges. »

« Régularité d'origine; c'est à dire que chaque Grande Loge doit avoir été établie légalement par une Grande Loge dûment reconnue ou par trois Loges ou plus régulièrement constitués.  » 

Bien sur, il y a prescription depuis, et l'argument voulant que l'on ne considère ceci que comme une règle qui ne vaudrait qu’à partir de 1929, c'est qu'il y a une chose que l’on ne veut pas lire ici, c’est qu’il s’agit d’un rappel de règles qui préexistaient. Elles préexistaient dans les usages, dans la coutume et en droit anglo-saxon, la coutume prévaut sur le reste.

On les a listées et écrites à partir de là, c'est tout.

Ce n’est pas à partir de 1929 « Que la croyance en le Grand Architecte de l'Univers et en sa volonté révélée soit une condition essentielle de l'admission des membres » est devenue une règle, cela existait déjà. On a qu’a se rappeler l’épisode de 1877 pour s’en convaincre.

Ce n’est pas à partir de 1929 « Que les trois grandes lumières de la franc-maçonnerie (à savoir le volume de la Loi Sacrée, l'équerre et le compas) soient toujours exposées quand la grande loge ou ses loges subordonnées sont au travail, la première d'entre elles étant le volume de la Loi Sacrée », et que cela devienne une règle. Cela existait déjà.

Ce n’est pas à partir de 1929 « Que la discussion de sujets politiques ou religieux soit strictement interdite au sein de la loge. », cela existait déjà dans les Constitutions de 1723.

Ce n’est encore pas en 1929 que la « Régularité d'origine ; c'est-à-dire que chaque grande loge doit avoir été établie légalement par une grande loge dûment reconnue ou par trois loges ou plus régulièrement constitués », est devenu une règle. La Grande Loge de Londres et de Westminster ne serait-ce qu’elle fut originellement constituée par 4 loges au moins, officiellement un soir de 1717.

Le Centre des Amis vient du Grand Orient de France, qui n’est pas dans le cercle de reconnaissance de la Grande Loge Unie d’Angleterre, et les autres loges arrivent après la déclaration de constitution de la Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière pour le France et les Colonies.

Mais ce n'est pas grave. Ce n’est pas grave et on va s'y faire. Ce n'est pas grave et ce n'est pas la seule, il y en a plein d'autres.

Si vous voulez, on peut-on peut faire tout le tour et on peut rentrer dans le détail de toutes les irrégularités que peut commettre la Grande Loge Unie d'Angleterre.

Si on lit le règlements de la Grande Loge Unie d'Angleterre, on voit de manière très claire - alors il faut lire les règlements, personne ne le fait par ces assez rébarbatif, moi je le fais -  et donc on y voit écrit très clairement que si on est le grand maître ou le grand maître Provincial ou qu'on est un grand officier de Grande Loge Unie d'Angleterre, on peut prendre à peu près n'importe qui et le faire rentrer à peu près dans n'importe quelle loge d'où qu’il viennent et qui il soit. On ne doit même pas à la limite lui demander si les maçons.

Si on est dans la Grande Loge de l'Alabama par exemple, Eh bien le grand maître peut vous faire maçon a vue, « at sight » et c’est écrit dans ses constitutions. C’est totalement valable.

Est-ce que c’est vraiment régulier ? on peut se poser la question !

Donc la régularité, c'est une chose. La reconnaissance en est complètement une autre et les autres se superposent, ou ne se superposent pas nécessairement. Tout ce paysage maçonnique est un peu ridicule il faut bien le dire. Il est encore plus ridicule pour les Frères de l’étranger où là encore une fois, nous avons affaire à une incongruité française. Il faut être clair avec ça, il s'agit d'une incongruité car quand vous allez à peu près n'importe où dans le monde, ils ne savent pas ce que c'est d’avoir plusieurs grandes loges.

Effectivement, si vous allez les visiter, ils vont chercher à savoir si vous êtes maçon et ils vont vous tuiler. Mais essayez de leur expliquer qu'en France, il peut y avoir plus de 70 grandes loges. C'est un sujet qu’ils n’arrivent même pas à concevoir. Et en plus, dans ces 70 en question, il y en a qui se reconnaissent, d’autres pas. 

et alors on a, on a des trucs aujourd'hui en France qui sont excellents, c'est quand même très fort, puisque l’on a 2 frères qui ont été initiés ensemble le même jour à la GLNF. Ils ont tous les deux reçu la même chose, le même rituel, de la même maison, et donc pour des raisons X ou Y, mais là, aujourd'hui, à cause des turpitudes de pouvoirs qui n’ont rien à voir avec eux, on en a 1 qui se retrouve à la Grande Loge Nationale Française et l'autre qui se retrouve à l’Alliance Maçonnique Française. Donc, à cause de faits générateurs qui n’ont rien à voir avec eux, ils ne peuvent plus maçonner ensemble. C’est interdit !

Parce qu’à un moment, certains ont déconné, ils ont été d’ailleurs exclus de la maçonnerie, banni, et à cause de ceux, tous les autres doivent en subir les conséquences ?

Voilà donc tout ça, tout ça c’est parfaitement ridicule, ce n’est que de la politique.

Alors c'est aussi entretenu, et là aussi il faut être bien clair, c’est entretenu par tout le monde par ce que cela arrange beaucoup. Tout ça, tous ces problèmes, ils se placent dans de la politique maçonnique. Et tous ces problèmes de politique maçonnique intéressent un peu tout le monde.

Bien sûr, ça intéresse d’abord les obédiences parce que comme ça, il peut y avoir des obédiences, c'est ça qui est intéressant pour elles. Cela justifie leur création et leur existence. Si une obédience existe, c'est essentiellement parce qu’elle peut dire, « moi j'ai le tampon », « je suis reconnu par le Grande Loge de là-bas au loin derrière les cyprès, et pas toi ».

C’est assez ridicule, dans le genre « moi je l’ai, vous vous ne l’avez pas… » ce n’est pas plus compliqué que ça.

Mais la petite obédience aussi, avec ses 100 membres, elle existe aussi à travers ça. Elle existe aussi à travers ça, sinon il n’y aurait pas des grands officiers, des grands machins et des grands manitous et des cotisations.

Donc ça intéresse vraiment tout le monde cette histoire

Tout ça est typiquement français, mais surtout, mais c'est ça qui est surtout important, exactement comme nous parlions tout à l'heure, du fait de faire bien attention entre ce qui était de l'ordre du rituel et ce qui était de l'ordre de l'usage. Il faut aussi faire attention entre ce qui est de l'ordre du régulier et de l'ordre du reconnu. Et malheureusement, notre paysage politique et maçonnique est très complexe. Il y a que nous qui nous retrouvons et encore, il est mouvant.

Alors est ce que ça va changer ? La vraie question est là, est ce que ça va changer ?

La réponse est oui forcément, ça va changer, il n'y a pas d’autres alternatives !

Pourquoi ?

Parce que la Grande Loge Unie d'Angleterre a déjà quelque part perdu la bataille au niveau de sa puissance. Autrefois, effectivement, il valait mieux être avec eux. Aujourd'hui, les Américains par exemple, ils sont contre foutent. Il faut être clair là aussi

Les américains, la reconnaissance, ils s’en contre fichent mais alors totalement, et quand je dis totalement, c’est totalement.

Par mes activités, j’ai de nombreux contacts et échanges et je mets régulièrement en relation des frères du Grand Orient ou de la Grande Loge avec d’autres frères aux États-Unis pour qu’ils puissent visiter sur place. 

Une fois là-bas, où ils sont, ce qu’ils font, et cetera, ils s'en fichent complètement là-bas, ils viennent de ma part, c'est déjà suffisant, c'est déjà bien. Puis voilà, ils parlent, ils ont l'air d'être maçons et ils parlent de maçonnerie, ils paraissent, voilà tout va bien.

Et puis, cela fini comme ça : « La Grande Loge Unie d'Angleterre ? La quoi ? Combien de divisions armées ? »

Voilà, donc petit à petit, la Grande Loge Unie d'Angleterre va être assez forcée de bouger ses lignes. Et elle a déjà commencé à bouger un petit peu ses lignes. Le Pro Grand Master qui est en place aujourd'hui, il est un peu plus raide que son prédécesseur, mais le prochain, forcément, il sera bien obligé de changer un petit peu les lignes, assouplir parfois les règles du jeu. Comme toujours une loi quand elle n'est plus appliquée et n’est plus applicable, dans les faits, elle finit par disparaitre d’elle-même. Et puis, comme il s'agit vraiment d'une problématique franco-française, il faudra que les Français arrivent à peu près à se satisfaire de ça, de mouvements de lignes en mouvements de lignes

Mais il faut être bien clair, c'est ce que je dis souvent. Si demain nous arrivions, alors vraiment par magie, voire miracle, à faire s'entendre toutes les puissances maçonniques françaises et qu’elles s’allient toutes en un seul et solide corpus maçonnique, il n’y a aucun doute là-dessus, que dès le lendemain, il y aurait une autre puissance maçonnique qui émergerait à côté pour dire « nous on est dissidents et on est meilleurs » et ça recommencerait pareil.

C'est comme ça, c'est une manière de faire, c’est une manière d'être, on est comme ça, on est français et on a cette habitude-là.

Les Écossais, ils ont une expression pour ça « Le french bordel » … c’est assez évocateur !

Autre question, et elle provient d’un Passé-Maitre de la loge : « Pourquoi s’habille-t-on en noir et blanc ? »

Alors cette question me concerne directement parce que moi je suis venu ce soir en t-shirt non pas pour vous embêter mais parce que je n’ai pas eu le temps, j’arrive directement de la gare depuis Londres donc je n’ai pas eu le choix, soit j'allais chercher ma chemise à ma maison, soit je venais directement et donc je suis venu quand même mais je n'avais que mon t-shirt du Stade Toulousain. C'est déjà pas mal, il y a un peu de blanc, il y a, il y a un peu de noir donc je suis en noir et blanc aussi.

Non, on ne s’habille pas en noir et blanc. On n’a pas à le faire sauf si on ne sait pas …

Autrefois on ne s’habillait pas en costume comme aujourd'hui, il suffit de regarder l’iconographie pour s’en apercevoir. Alors il semblerait que le costume que nous avons aujourd'hui ajouté au fait de porter une cravate noire soit issu d'une réaction anglaise après la guerre de 14 18 pour rendre hommage aux maçons qui ont été tués pendant la Guerre, et c’est le sens voulu que l’on a voulu donner au fait de porter une cravate noire, et c'est resté de cette manière-là.

Mais il ne faut pas, comme toujours, parce le maçon a tendance à faire du symbolisme là où il n’y a pas de symboles à avoir. Alors on recrée des choses. Mais non, à la base il y a pas une volonté délibérée de s'habiller en blanc et noir pour ressembler aux carrés noir et blanc du pavement en mosaïque que nous avons sous les yeux.

Alors effectivement autrefois, nous avions une certaine manière de nous de nous habiller, mais aujourd'hui nous n’avons plus de pourpoint, on n'a plus ce genre de chose là dans nos armoires, donc on utilise des costumes et c'est très bien. C’est une manière d’être neutre et d’être à peu près tous à s'habiller de la même de la même façon, mais il n'y a pas, il n'y a pas de volonté délibérée de se dire qu'on s'habille en noir et blanc. C’est juste un costume de ville, et parce que c’était ce que l’on portait après-guerre dans les codes vestimentaires masculins.

En Ecosse, ils portent le kilt avec des tartans, c’est bien un contre-exemple parfait. Au Queensland, ils portent des vestes blanches et aussi le kilt parfois. Les suédois, ils portent l'habit. C'est très élégant d'ailleurs.

Question suivante : « Pourquoi marche-t-on du pied gauche, ou du pied droit [c'est selon le rite] ? »

Nous en parlions tout à l'heure, pourquoi demande-t-on toujours aux candidats de commencer d’avancer en partant du pied gauche ? Ou du pied droit au Rite Français.

Eh bien, cela n'a absolument rien de maçonnique du tout, c'est simplement un dérivé des influences militaires qui a pu y avoir là où les militaires commencent du pied gauche.

La vraie question est de savoir pourquoi les militaires commencent du pied gauche, ça c’est la vraie question ?

Et donc la vraie réponse, elle est très simple…

Prenez une arme, un fusil, un pistolet mitrailleur, ce que vous voulez bien prendre, vous l'avez sur le côté droit parce que à l'armée, on n'est pas soit à droitier, soit gaucher, non tout le monde est droitier, et puis tout le monde doit faire la même chose au même endroit. Et donc vous allez voir que quand c'est vraiment lourd, du côté droit, on a quand même pas mal de difficulté à commencer avec le pied droit si on ne veut pas être déséquilibré. Donc on commence avec le pied gauche de manière à pouvoir le faire sans tomber. C’est dans les livres d’instruction militaire ça ! Ce n’est pas moi qui l’invente.

Voilà, c'est tout simple comme histoire, et donc cela n'a absolument rien de maçonnique comme tellement de choses en maçonnerie n'ont absolument rien de maçonnique.

Les maillets par exemble que vous voyez ici ne sont absolument pas maçonniques puisqu’ils proviennent de l’église épiscopale Ecossaise.

« Pourquoi certains portent des médailles et d'autres pas ? »

C’est pour les embêter bien sûr, c'est tout. Moi je n’en porte pas ! Mais c’est juste aujourd’hui parce que je les ai oubliés.

Dans la maçonnerie anglaise en fait, les médailles représentent des fonctions ou des grades complémentaires que le frère possède. Et donc par exemple, nous avons comme notre frère ici, des médailles de grades peuvent être de de couleurs différentes, en blanc, en rouge, ou de couleurs combinées comme souvent pour distinguer certaines fonctions dans le même grade.

Il n’y a aucun mal à ça, parce lui qui sait à quoi cela correspond, il le sait, celui qui ne le sait pas, il ne le sait pas, c'est tout. Il peut toutefois poser des questions et cela ouvre à la discussion et les frères fraternalisent aussi comme ça ?

Voilà, ça permet de savoir quel est son quel est le frère qui a qui a en face. Donc là c'est une médaille de la marque, là c'est une médaille d'excellent maître, là c'est une médaille de l'Arche royale et ça en revanche c'est une médaille de bienfaisance que l’on lui a remis parce que, visiblement, il a donné de l'argent de manière importante, ce qui ne m’étonne pas de lui tant je le connais.

Alors, il peut y avoir aussi des médailles de loge, ou encore des médailles commémoratives, parce que l’on a participé à un évènement maçonnique majeur, mais aussi d'autres types de médailles d'appartenance. Et donc, on le montre tout simplement.

Voilà donc il peut y avoir toute une panoplie de décors et de médailles qui indiquent, puisqu’il s'agit de la filière anglaise Emulation, que notre frère suit cette filière depuis un moment jusqu'à la nôtre et qu'il existe encore plein d'autres grades complémentaires. 

Nous avons publié sur le sur notre site internet beaucoup d'éléments là-dessus, puisque l’on a effectué un travail sur ce sujet.

Mais voilà ce que sont ces médailles.

Il y a une médaille par contre qui est qui est très importante, qui est pour le bleu, pour ce qui nous occupent, c'est la médaille de Passé Maitre parce que ça c'est très important.

Nous avons le choix de porter cette médaille particulière avec la 47e proposition d’Euclide avec l'équerre sur le collier de passé maitre, comme celui-ci avec le liseré, mais également en médaille pendante en sus.

C’est particulier car je rappelle qu’il n'y a jamais qu'une seule équerre dans la loge, qui est celle du vénérable maître, et que pour les passes-maîtres, soit ceux qui ont déjà donc été dans la chaire, portent eux cette même équerre, mais ornée de la 47e proposition.

C’est ce qui fait la différence.

Alors je dois préciser un point concernant le port des médailles, que ce soit en Angleterre comme en Écosse, normalement on ne porte que celles des grades qui sont gérés par la Grande Loge. Donc ils n’ont que les médailles de loges et celles de l'arc royale. Ceci est du au règlement interne de la Grande Loge, et n’a rien à voir avec la maçonnerie. C’est un objet politique qui exclut simplement les décors et médailles des grades qui ne sont pas sous son obédience.

Mais cela ne vaut que pour eux, et pas pour les autres qui font ce qu’ils veulent. Ces régulations ne les concernant pas. Elles ne nous concernent pas à la Rudyard Kipling Lodge, comme on ne contraindrait pas à appliquer des règlements du GO ou de la GLNF.

Poursuivons…

J'ai une question de comique puisqu’un certain H. Salvador pose la question suivante : « Pourquoi se présente t’on genou découvert lors de son initiation ? »

Je crois que c'est un rapport avec les genoux… de Salvador … J’aime tes genoux … voilà donc, drôle, on va lui répondre.

Alors effectivement, oui, il y a tellement de choses que l'on fait comme ça et qui nous échappent totalement, qui échappent à 95% des maçons, qui ne savent pas ce qu’ils sont en train de faire exactement. Alors il est vrai aussi que nous sommes déconnectés de de l'époque dans laquelle ce que nous sommes en train de faire a été mis en place.

Pour le maçon du 18e siècle, voir un frère montrer ses genoux. C'est très clair pour lui, il n’a pas d'interrogation là-dessus, il sait ce que c'est, il sait à quoi ça correspond.

Exactement comme aujourd'hui, on regarde les portails des cathédrales avec plein de petits bonhommes qui font des trucs, et cetera, on sait pas du tout à quoi ça correspond. Pourtant à l'époque, tout le monde savait a quoi cela correspondait. On savait très bien que lui, il a une clé, c'est Saint Pierre et il est en train de faire ça parce que voilà, là y a le Christophe le Christophore qui est sur un âne, et ça veut dire que c'est à ce moment-là que …

Tout le monde savait ça, et au 18e, tout le monde savait pourquoi on présentait ses genoux.

Aujourd'hui, on ne le sait plus parce qu’effectivement, on présente plus ses genoux tous les jours. Alors qu’effectivement, si vous regardez un petit peu l'iconographie, vous verrez que on trouve plein de gens de pouvoir avec le genou découvert.

Alors, c'est intéressant de voir que, par exemple, que la Justice présente ses genoux d'une manière plus ou moins voilée. En fait le genou est le symbole du pouvoir. Vous avez déjà entendu ça « on met un genou à terre » et présenter son genou, c’est présenter sa force.

C'est de ça dont il s'agit d'ailleurs et vous remarquerez, vous poserez pour la question pour laquelle Regardez les les portraits de de tous les rois, tous les rois, vous allez leur voir les genoux. On ne fait pas ça pour montrer comment ils ont des gros genoux, c'est pas le critère esthétique, c'est simplement une question de montrer le genou, parce que c'est là où réside le pouvoir.

Un homme debout, c’est un homme qui a le genou debout alors qu’un homme à terre est un homme qui a le genou par terre, voilà, c'est ça que cela veut dire.

Alors pour le maçon du 18e siècle, tout ça est évident et donc la justice par elle-même quand on la regarde, vous remarquerez que soit elle est hyper puissante et dure, et là, on la voit montrer son genou, soit on la voit assise en train de plier un peu le genou pour montrer qu'elle est compatissante, ou dans tous les cas elle ne va pas être dure.

Amusez-vous aussi de voir les spartiates qui ont leurs petites jupes, et cetera, ils montrent leur genou. C’est pour ça aussi.

Eh bien là, quand on arrive, on montre son genou et on va le plier devant, non pas devant le Vénérable Maitre, mais devant le livre de la Loi sacrée.

Donc effectivement, ceci comme plein d'autres éléments, on pourrait tous les décortiquer de cette manière-là.

L'autre jour, on m'a posé la question de savoir mais pourquoi on parle toujours de la Bible de King James ?

Et qu'il faut avoir lu la Bible du Roi Jacques, la King James parce que c'est la Bible dont se sont servis ceux qui ont mis au point ce que nous pratiquons. Et donc par-là, elle est la base.

Il ne faut pas prendre la Bible Segond. Si vous voulez comprendre ce que vous êtes en train de faire, ce n’est pas la bonne. Il faut écouter qu'il faut lire, ni la TOB, ni d’autres, qui sont très intéressantes, nous n’avons rien contre, mais si on veut vraiment comprendre pourquoi le rituel dit les choses de cette manière vous allez voir que c'est exactement comme ça que cela est dit dans la Bible de Jacques, c'est comme ça.

Et donc à travers ça, vous allez voir directement qu'il y a des passages entiers, des éléments entiers qui se retrouvent là.

Alors forcément, nous sommes français, donc la traduction ne reflète pas exactement de la même manière la Bible de de de King James, mais en anglais, s’agissant des rituels, on voit des transparences évidentes et immédiates entre les deux.

Alors je vois une question de Anne Onyme, pas mal … avec une deuxième même qui se recoupe : « Où commence et fini le secret maçonnique ? » et celle-ci plus pratique qui est « comment faire lorsque l'on a des doutes sur l'appartenance d'un ami supposé profane à la franc maçonnerie ? Plus précisément, comment réagir ? doit-on garder le silence et rester dans l'incertitude ? »

Le secret maçonnique, c'est quoi en fait ?

Alors, il n’y a jamais eu qu'un seul et réel secret maçonnique. C’est celui qui permettait de protéger le mot du maçon. Pourquoi ? Parce que tout simplement à une certaine époque, nous n'avions pas de d'internet, il n’y avait pas de papier, il n’y avait pas de diplômes.

Donc pour savoir que le maçon de métier qui nous vient d'on ne sait où et que l'on va recruter pour pouvoir construire ici, parce qu'on a besoin de plein de maçons, qu’il est vraiment maçon, qu’il a des compétences, et que ces compétences lui donnent droit à des gages importants pour l'époque, parce que ce n’est pas rien, et qu’en plus de ça son travail va être assez fiables et durable pour pouvoir toucher à l'édifice que nous allons construire. 

Eh bien, comment est-ce que l'on sait qu'il est fiable ? qu’il n’y a pas de problème ?

Il n’y a pas de diplôme, il n’y a pas un papier, on ne peut pas consulter un registre, et cetera, mais il y a un mot.

C’est le mot du maçon qui lui permet de protéger ses qualités et donc c'est ce mot là qu'on va vouloir avant tout protéger.

C'est ça le secret du maçon. Ce n’est pas le reste, ce que l’on veut mettre derrière parfois ou ce qui vient remplacer tout ça

Le vrai succès du maçon, c'est celui-ci.

C'est donc celui que l'on que l'on jure de protéger. On jure sur la Bible, on s'impacte pour ça, on impacte son âme en prêtant serment sur la Bible pour protéger ce secret-là en particulier qui est le plus important parce qu'il garantit en fait un équilibre social, un équilibre pour celui qui a beaucoup travaillé pour arriver à avoir les capacités qu'il a acquis, et donc il est normal qu'il ait les gages qu'il demande. Alors que s'il n'a pas ces capacités-là, il va les usurper et donc prendre de l'argent pour rien et ensuite de ça ce qu'il va faire représente un risque. Le pont risque de s'effondrer, et cetera.

Voilà, donc c'est ça le fameux secret du maçon.

Alors, après le secret d'appartenance c’est autre chose.

Autrefois, avant la seconde guerre, et encore aujourd'hui ailleurs, aux États-Unis par exemple, sur la plaque avant de rentrer dans la petite bourgade, vous allez la voir et dessus il y a le nom de la loge. Vous savez quand et où ils se réunissent et si vous parlez avec des frères là-bas, cela ne les gènes pas du tout dire qu'ils sont maçons. Tout ça n’est pas un problème.

Par contre ça gène plus un français ou un continental tout simplement parce qu'il y a eu la guerre qui est passée là-dessus et qui a fait qu’effectivement, on est devenu un petit peu secret. Mais ce n'est pas ça le secret de la maçonnerie, par lui-même. Le secret, il n’est pas réellement là-dedans.

Alors effectivement par respect on n'a pas à dire qui est maçon ou pas.

Voilà autrement, en ce qui vous concerne vous-même, là la question que vous vous posez de savoir comment je gère ce secret par rapport à d'autre dans le quotidien. Si je rencontre quelqu'un qui me parait être comme moi … 

Avec un petit peu de pratique, vous verrez très vite s’il est de la maison ou pas. Ça se fait par des petits mots, des allusions sans trop insister… Je vous conseille de ne pas trop en dire au départ, prenez du temps avec ça. 

Mais il ne s'agit vraiment pas du secret de la Maçonnerie, il n'est pas là, ce n’est pas ça.

Maintenant, de vouloir se faire reconnaitre ou pas, c’est autre chose. Vous pouvez vous faire reconnaitre. Il n’y a rien qui vous interdit d'aller dans un cocktail avec un truc maçonnique énorme ici et de dire a chacun que vous êtes franc maçon parlons-en.

Vous n’avez pas à tenir ce secret-là, ce n'est pas ce que l'on vous demande comme type de Secret.

On vous demande simplement de ne pas divulguer ce que vous avez reçu.

Alors maintenant avec la diffusion énorme de l'information partout, il n’y a plus de secret maçonnique en tant que contenu. Tout le monde peut savoir ce qui se passe en maçonnerie et les rituels sont disponible facilement partout sur internet.

Je dis souvent par analogie, on peut toujours essayer d'expliquer à quelqu'un comment on fait l'amour, mais tant qu’il n’a pas fait lui-même… il ne va pas très loin.

Continuons …

« Pourquoi l'Église catholique et sans doute principalement celle de France détestait elle à ce point la franc maçonnerie alors que ce n'est pas le cas dans d'autres pays, notamment dans les pays anglo américains ? La laïcité à la française à elle été un facteur déclencheur ? »

C'est de la politique, c'est assez simple ! Rien de plus.

Si on revient au 18e siècle et qu'on revient aux jacobites, qui était catholique, si la maçonnerie s'était développée à travers les Jacobites en France, à travers les catholiques, et bien il y aurait eu aucun problème avec ça.

Tout le monde était catholique et cela convenait à tout le monde.

Le problème, c'est que ça nous vient d’Angleterre et que cela passe par des protestants, et ça, c'est un vrai problème.

Parce qu’effectivement quand la maçonnerie débarque sur le continent, pas seulement en France d'ailleurs, mais surtout en France, le clergé voit ça d’un très mauvais œil. Cela ne lui plait pas du tout. Mais tout cela se situe au niveau d’une problématique de pouvoir et ensuite, je pense que l’Église catholique n'a jamais vraiment compris ce qui était en train de se passer et elle a préféré ne pas prendre de risque plutôt que laisser faire et de regarder.

Mais ce qui est assez étonnant à voir, dans un pays, par exemple, comme le Mexique :

Le Mexique, c’est 800000 maçons, beaucoup plus qu'en Angleterre, ce n’est pas rien. Ils sont en plus tous catholique, et cela ne cause aucun problème à l'église du Mexique.

Voilà, mon meilleur ami a eu beaucoup de mal à rentrer en maçonnerie parce qu'il est catholique pratiquant, il a fini par aller voir son évêque et lui en parler. Et son évêque lui a dit, mais Sylvain entrez en maçonnerie, c'est la meilleure chose que vous puissiez faire. Seulement, mais jamais, ne dites jamais que je vous ai dit ça.

Voilà, la position de l'Église est un peu bizarre par rapport à la maçonnerie.

On a essayé d'y trouver des éléments théologiques que l’on n’a pas trouvé et c'est assez incompréhensible finalement. Je pense que c’est stupide de la part de l’église catholique parce qu'elle aurait très bien pu en tirer son parti au moment où il le fallait, mais elle n'a jamais su vraiment le faire. Puis l'Église catholique a toujours eu horreur les choses qu'elle ne contrôlait pas, qu'elle ne dominait pas.

Voilà ! Alors quand je parle de l'Église catholique, ce n’est pas nécessairement d'ailleurs celle d'aujourd'hui, qui a beaucoup changé par rapport à l'Église catholique notamment du 19e siècle.

Maintenant, vous trouverez beaucoup de littérature sur le fait de savoir si être maçon est compatible avec le fait d'être chrétien et d'être catholique, mais normalement, en tous les cas dans notre dans notre maçonnerie, on ne parle ni politique ni de religion.

Donc, si vous voulez, je vous dirai ce que j'en pense après les agapes.

Sur la question d’être excommunié… la réponse est clairement Non !

Parce que la bulle n'est jamais passée à l’époque. C'est à dire que, et même pour l'Église, pour qu’une loi soit promulguée déjà à cette époque-là, si on voulait qu’elle soit valable, c’est-à-dire applicable, il fallait qu'elle ait fait l’objet d’un vote et qu'elle ait été publiée.

Et en ce qui concerne la France, elle ne l’a jamais été par le Parlement de Paris, et comme rien n'a été fait depuis, vous pouvez dormir tranquilles.

Alors aujourd’hui il y a plus ça, parce qu’en droit canon, ce sont les obédiences et les organisations qui rejettent ou qui luttent contre le catholicisme qui sont excommuniées.

Dans ce cas précis, c’est oui …

Mais toute obédience ou toute association qui n'attaque pas l'Église catholique, il n’y a aucune excommunication.

Je vous invite pour le plaisir d'aller dans certaines dans certaines loges où on finit en disant « A bas la calotte » en souvenir d’un temps révolu, effectivement et forcément, cela ne fait pas plaisir aux catholiques.

Le sujet est peut-être l’amalgame de tout ça, et qui fait que l’on amalgame la véritable franc-maçonnerie à ce qui n’en est plus depuis très longtemps.

Alors, intéressant ce qui suit là !

Alors là, j'ai une série de questions de notre frère Michel PCT, dont je vais prendre la meilleure : « Les sœurs et la maçonnerie ? La maçonnerie est-elle misogyne ? Misogynie d'origine anglo-saxonne ? »

Comment dire sur ce sujet… délicat ?

Il y a des choses qui m'intéressent vraiment toujours beaucoup, c’est de me dire : imaginons que j'ai envie de faire du ping-pong. Intéressant de faire du ping-pong. Si je veux faire du ping-pong. Je fais quoi ? Je respecte la règle du ping-pong. Voilà, je me place là, il y a le carré, la balle … 

Mais maintenant, il peut me venir l'idée de vouloir faire, avec ce même type de jeu, autre chose d’autre que du ping-pong. C’est à dire chose que les règles prévues, changer les règles, pourquoi pas. Tout le monde a le droit, le problème ne se pose pas. On a le droit de faire du foot-pong. De temps en temps on a le droit d’utiliser les pieds, et cetera, on peut faire des trucs super. Mais dans ce cas-là, alors, on ne l'appelle pas du ping-pong.

Alors si on veut faire du foot-pong, faisons-le, il n’y a pas de problème avec ça, mais pourquoi est-ce que l'on veut à tout prix changer les règles du ping-pong pour tout le monde ?

C'est ça l'histoire, c'est la vraie question !

La maçonnerie, elle s'est constituée d'une certaine manière, pour un certain nombre de raisons, avec un certain nombre de règles…

C'est de la franc-maçonnerie, c'est comme ça.

Alors maintenant les femmes sont intéressées par la maçonnerie ? Très bien. Moi je suis pour, je trouve ça très bien. C’est une excellente chose si elles veulent faire de la maçonnerie et qu'elles créent des loges.

Mais le problème, il survient au moment où cela oblige le corps premier à se modifier, et là c'est n’est pas possible. Le problème à ce moment-là, c'est l'arasement

Les différences c’est fantastique et le problème c'est l'arasement. C'est que demain on arrive à une problématique où il n'y ait plus que des loges mixtes.

Des loges pour femmes avec que des femmes. Super !

Des loges mixtes, super !

Des loges pour hommes, super !

Alors, est ce que c’est de la misogynie ? Je ne le crois pas. Je pense que la maçonnerie a une mise en place qui est masculine. Elle a été créée pour ça, elle a été créée par ça.

Voilà maintenant si les femmes s'intéressent à ça, et d'ailleurs elles s’y sont intéressées quasiment dès le départ, ce n'est pas nouveau, mais on peut même remonter à beaucoup plus loin si on veut vraiment comprendre ce qui se passe.

Jusqu’il y a peu de temps, c’est-à-dire moins d'un siècle, l'unité de décompte, c'était la famille. Et dans la famille, chacun avait son rôle, sa manière de pouvoir exercer ce qu’il est dans cette famille. Tout ce qui concernait la Maisonnée, c'était sous la responsabilité de la femme. Et tout ce qui concernait l'extérieur de la Maisonnée, c'était de la responsabilité de l'homme. Ce qui fait que la famille, par exemple, avait un droit de vote. Et là, c’est l'homme qui représentait la famille en votant.

Le jour où l'homme disparaissait, et si celui-ci par exemple avait une entreprise de maçonnerie, et qu'il participait aux élections de sa ville, et bien là la femme, par voie de conséquences, et comme à partir de là elle représentait la famille, elle était à la fois à l’intérieur, mais aussi à l'extérieur, par obligation. Et donc, elle devenait investie du droit de vote de de la famille et elle devenait, de la même manière, la chef de l'entreprise de maçonnerie. On a plein d'exemples comme ça pour le démontrer.

Donc la maçonnerie est issue d'une tradition qui est celle-ci : où ce sont ces hommes en question qui travaillent de cette manière et qui créent donc une mise en place de cette fonction dans laquelle effectivement il n'y a pas de femmes.

Voilà ! Donc la question de savoir qu’effectivement à un certain moment, la société a changé et l'unité de décompte n'est plus aujourd'hui la famille, c'est l'individu. Donc forcément notre société a complètement changé et effectivement, même les sociétés traditionnelles comme la maçonnerie se trouvent face à ce type de problématique.

Mais il appartient à chacun d'avoir sa réponse.

Moi je n'ai pas une réponse pour tout le monde, mais je dis simplement : Voilà d'où ça vient, et je dis simplement, attention où nous allons attention à ce qu'il n’y ait pas un arasement total.

Total, c'est à dire qu'après il y a plus de choix, plus de possibilités offertes. Plus il y a de choix, mieux c'est.

Mais je ne pense pas qu’il s'agit d'être misogyne. Ce n'est pas parce que l’on n’est pas avec que l'on est contre. Cela n'a rien à voir et je ne pense pas non plus que les anglo-saxons soient misogynes.

De ce côté-là d'ailleurs ils ont constitué depuis le départ un certain nombre de structures pour les femmes dans lesquelles pendant très longtemps les femmes s’y sont tout à fait reconnues parce que justement elles correspondaient plus au type de structure sociale.

Alors effectivement les femmes aujourd'hui ont peut-être un peu de plus de mal à s'y reconnaitre, je n'en doute pas.

Vers où ça ira ? Les choses nous le diront, mais en tous les cas, je pense qu'il faut que nous veillions à ce que puisse perdurer plusieurs manières de faire, et en tous les cas la manière de faire originale.

« Le complot judéo-maçonnique ? »

Ça, c'est super comme truc, il y a un complot judéo-maçonnique !

#ModeIronieOn

Il faut savoir que les francs, maçons possèdent tout et ont pouvoir sur tout, partout dans le monde. En fait, ce sont des êtres théologiques qui viennent des étoiles et qui savent tout sur tout. Ils sont partout forcément. Ils sont vraiment partout. sachez-le. Moi, quand on en parle, je dis toujours « oui », je dis toujours, « c'est vrai ». D'ailleurs j'en connais des francs-maçons et tous les francs-maçons que je connais sont tous liés entre eux. C'est l'argent surtout qui les intéressent et surtout ils sont des hommes de pouvoirs. Donc surtout, si on vous dit ça, ne dites pas le contraire parce que je ne voudrais pas mentir. Le complot judéo-maçonnique, bien sûr, c'est évident, c'est tellement évident, n’est-ce pas ? D’ailleurs, quand on voit autour de nous, rien que dans cette loge, il y a soit des juifs, soit des francs-maçons.

Comptez-vous, vous verrez que ce que je dis est vrai !

Combien de francs-maçons dans cette loge ? Beaucoup ! Je vous l'avais bien dit ...

#ModeIronieOff

Alors, quelle heure est-il 22 heures, 21 et heure 58 précisément, on a 2 minutes pour terminer les 35 questions qui restent… 

C’est un peu court, je vous rends la parole Vénérable Maitre.

Très bien, merci mon frère, de nous avoir éclairé sur un certain nombre de questions. Donc il faudra une prochaine fois refaire le même genre de chose. Mais là on ne demandera que les questions soient posées. On répondra à celles qui l'ont été.

 

Conférence donnée à la Rudyard Kipling Lodge le 25 octobre 2016 par le F. Philippe R.